Marcher dans la médina et au-delà

La médina se parcourt à pied, et uniquement à pied pour ses ruelles les plus étroites. De la place Jemaa el-Fna, comptez une dizaine de minutes pour les souks, un quart d'heure pour le palais de la Bahia ou les tombeaux saadiens. Les applications de cartographie fonctionnent, mais elles perdent souvent le fil dans les derbs couverts : repérez les grandes artères (rue Riad Zitoun, rue Mouassine, rue Dar el-Bacha) et les portes des remparts pour vous orienter.

Deux réalités à connaître. D'abord, les deux-roues : scooters et mobylettes circulent dans les ruelles, y compris les plus commerçantes, souvent vite. Tenez votre droite et écoutez les klaxons. Ensuite, les « guides » improvisés : un jeune homme vous affirme que la rue est fermée, que la place est « par là », ou vous propose de vous accompagner. Il réclamera ensuite de l'argent ou vous conduira dans une boutique. Déclinez poliment et continuez votre chemin. Le détail de ces situations figure dans notre guide des arnaques à éviter à Marrakech, et les repères pour s'orienter dans notre guide de la médina.

Entre la médina et Guéliz, la marche reste possible : l'avenue Mohammed V relie la Koutoubia au cœur de la ville nouvelle en une demi-heure environ, mais le trajet est peu ombragé l'été.

Les petits taxis, le moyen le plus pratique

Les petits taxis de Marrakech sont beiges, avec un lanterneau « Taxi » sur le toit. Ils circulent dans le périmètre urbain uniquement, transportent trois passagers au maximum et se hèlent dans la rue ou aux stations installées près des portes de la médina et de la Koutoubia.

Le compteur et la majoration de nuit

Les petits taxis sont équipés d'un compteur, et son usage est obligatoire. Dans les faits, beaucoup de chauffeurs annoncent un forfait aux touristes, surtout autour de Jemaa el-Fna et à la sortie des grands hôtels. Avant de monter, demandez « le compteur, s'il vous plaît » ; si le chauffeur refuse, laissez-le partir et arrêtez le suivant. Vérifiez que le compteur démarre à la prise en charge et non sur un montant déjà affiché.

La nuit, une majoration légale de 50 % s'applique sur le prix du compteur. C'est le seul supplément autorisé : un « tarif de nuit » doublé ou annoncé dès 18 h n'a rien d'officiel.

Les pièges à connaître

  • Le forfait annoncé : sans compteur, le prix demandé à un étranger est souvent plusieurs fois celui du trajet réel. Si vous acceptez un forfait, fixez-le clairement avant de monter.
  • La course partagée : un petit taxi peut prendre d'autres clients sur le trajet. C'est une pratique courante ; chacun paie sa propre course.
  • Le détour par une boutique : un chauffeur qui propose « un arrêt rapide » chez un ami herboriste ou tapissier touche une commission. Refusez.
  • Les gros billets : payez avec des pièces et des billets de 20 DH, la monnaie manque souvent.

Les grands taxis et les applications

Les grands taxis, souvent de grosses berlines, peuvent sortir de la ville et transporter jusqu'à six passagers. Ils servent pour la Palmeraie, les excursions dans l'Atlas ou un aller-retour vers la vallée de l'Ourika : le prix se négocie avant le départ, pour le véhicule entier, et doit préciser le temps d'attente sur place.

Côté applications, le paysage a changé fin 2025 :

  • Uber est revenu au Maroc le 27 novembre 2025, en commençant par Casablanca et Marrakech, avec uniquement des chauffeurs professionnels titulaires d'un agrément de transport touristique ou de VTC. Le prix est affiché avant la réservation.
  • Heetch fonctionne à Marrakech en mettant en relation avec des taxis officiels.
  • inDrive est disponible, mais ses chauffeurs sont en général des particuliers sans agrément de transport de personnes : vous n'êtes pas couvert en cas d'accident. À éviter.

Le bus urbain : un réseau en transition

Depuis le 14 décembre 2025, le réseau de bus urbains et périurbains de Marrakech est exploité par Supratours, filiale de l'ONCF, qui a succédé à l'espagnol Alsa après vingt-six ans. Le plan d'exploitation compte 67 lignes et une flotte prévue de 349 bus, renouvelée progressivement. Au lancement, le ticket était fixé à 5 DH et se payait à bord.

Pour un visiteur, la ligne la plus utile est la 19, qui relie l'aéroport à Guéliz, à la gare et à Jemaa el-Fna, pour 30 DH l'aller simple selon la dernière grille connue, à vérifier à bord : tous les détails sont dans notre guide aéroport Marrakech-Ménara vers le centre. Les autres lignes sont pratiques pour aller de la médina à Guéliz ou à la gare, mais les numéros et itinéraires évoluent avec la refonte du réseau : demandez au conducteur avant de monter. Prévoyez la monnaie exacte.

Les calèches

Calèche devant une porte monumentale de Marrakech

Les calèches vertes stationnent principalement le long de la place Foucauld, à côté de Jemaa el-Fna, et devant la Koutoubia. Elles servent surtout à la promenade : tour des remparts, trajet jusqu'au jardin Majorelle ou à la Ménara. Le prix n'est pas affiché de manière fiable : fixez avant de monter la durée, l'itinéraire et le montant pour toute la voiture, et pas par personne. Payez à la fin.

Regardez aussi l'état des chevaux : un cheval amaigri, boiteux ou blessé est une bonne raison de choisir une autre calèche.

Vélo, scooter et voiture

Le vélo se pratique bien à Guéliz et dans l'Hivernage, sur de grandes avenues plates, beaucoup moins dans la médina où il faut partager les ruelles avec piétons, charrettes et scooters. Louer un scooter n'est pas recommandé à un visiteur qui ne connaît pas la circulation locale, dense et peu disciplinée aux ronds-points.

Une voiture de location ne sert à rien en ville : la médina est fermée aux voitures et le stationnement est compliqué. Elle devient utile pour les excursions, à condition de se garer dans un parking surveillé, payant, où un gardien vous remettra un ticket.

Quitter Marrakech : trains et cars

Hall de la gare ferroviaire de Marrakech

La gare ferroviaire de l'ONCF se trouve à Guéliz, avenue Hassan II. Les trains desservent Casablanca, Rabat, Fès et Tanger ; pour Tanger, le plus rapide est de prendre une correspondance avec le train à grande vitesse Al Boraq. La ligne à grande vitesse Kénitra-Marrakech est en chantier : l'ONCF vise une mise en service en 2029, avant la Coupe du monde 2030.

Les cars interurbains partent à quelques pas de là : la gare Supratours jouxte la gare ferroviaire, et celle de la CTM se trouve juste en face, rue Abou Bakr Seddik. Ce sont les deux compagnies à privilégier pour Essaouira ou Agadir, avec billets numérotés et soute à bagages payante.

Récapitulatif des moyens de transport

Moyen Prix constaté Usage idéal Point d'attention
À pied Gratuit Médina, souks, monuments Scooters et faux guides
Petit taxi Au compteur, plus 50 % la nuit Médina vers Guéliz, gare, Majorelle Exiger le compteur, 3 passagers
Grand taxi Forfait négocié pour le véhicule Palmeraie, excursions Fixer le temps d'attente
Uber Prix affiché dans l'application Trajets en ville, aéroport Vérifier le point de rendez-vous
Bus urbain 5 DH au lancement du réseau Guéliz, gare Réseau en cours de refonte
Bus 19 30 DH, 50 DH aller-retour Aéroport Trajet en boucle
Calèche Prix négocié Promenade des remparts Fixer durée et prix avant

Derniers tarifs connus en octobre 2026 ; ils peuvent évoluer avec la nouvelle grille du réseau de bus.

Pour aller plus loin

Pour bien choisir votre quartier en fonction des déplacements, lisez notre guide où dormir à Marrakech. Notre guide Guéliz et Hivernage détaille la ville nouvelle, et le budget voyage à Marrakech vous aide à chiffrer vos trajets au quotidien.