Le rituel du thé à la menthe

Le thé à la menthe est la boisson nationale du Maroc. Il associe du thé vert de Chine, en général du gunpowder aux feuilles roulées en petites billes, de la menthe fraîche, la nana, et beaucoup de sucre. Arrivé par le commerce avec l'Europe, il s'est imposé dans tout le pays au XIXe siècle, au point de devenir le symbole de l'hospitalité : refuser le premier verre passe pour un manque de politesse.

La préparation suit un ordre précis. On rince d'abord les feuilles de thé à l'eau bouillante pour en retirer l'amertume, puis on ajoute la menthe et le sucre, souvent cassé dans un pain de sucre. Celui qui sert verse de haut, en levant la théière en métal argenté, pour faire mousser le thé dans le petit verre décoré ; il goûte le premier verre, le reverse dans la théière et recommence jusqu'à obtenir le goût voulu. On ne remplit jamais le verre à ras bord : il se tient par le haut et par le fond, car il est brûlant.

Quelques repères pour bien en profiter :

  • Le sucre : le thé est servi très sucré par défaut. Demandez-le « peu sucré » ou « sans sucre » au moment de commander ; dans les cafés, on vous apporte souvent la théière et le sucre à part.
  • Les variantes : en hiver, on ajoute parfois de la chiba (absinthe) ; la verveine, louiza, se boit aussi seule le soir. Le café « nous-nous », moitié café moitié lait servi dans un verre, est l'autre boisson de comptoir de la ville.
  • Le thé offert : dans les riads et dans certaines boutiques des souks, le thé est offert pendant la discussion. L'accepter n'engage pas à acheter.

Les pâtisseries marocaines à goûter

Assiette de pâtisseries marocaines : cornes de gazelle, ghriba et gâteaux aux amandes

Les pâtisseries marocaines se mangent en petites bouchées, avec le thé. Elles reposent sur les amandes, le miel, le sésame et l'eau de fleur d'oranger. Les incontournables :

  • Cornes de gazelle (kaab el ghzal) : croissants de pâte très fine fourrés de pâte d'amande parfumée à la fleur d'oranger. C'est la pâtisserie emblématique des fêtes et des mariages.
  • Ghriba : petits biscuits craquelés, aux amandes, à la semoule ou à la noix de coco, qui fondent en bouche.
  • Chebakia : fleurs de pâte frites, trempées dans le miel et couvertes de sésame. On en trouve toute l'année, mais elles s'achètent par plateaux entiers pendant le Ramadan, pour la rupture du jeûne avec la harira.
  • Briouates au miel : triangles de feuille de brick farcis d'amandes, frits puis plongés dans le miel.
  • Sellou (ou sfouf) : poudre de farine grillée, d'amandes, de sésame et d'épices, servie en petit monticule ; très nourrissante, elle accompagne le Ramadan et les naissances.
  • M'hancha : le « serpent », une longue spirale de pâte fine fourrée aux amandes, que l'on coupe en parts.

Dans les pâtisseries, ces gâteaux se vendent au kilo, et l'on compose soi-même son assortiment sur un plateau. Comptez en général de 160 à 240 DH le kilo selon la maison et la part d'amandes ; les adresses réputées affichent les cornes de gazelle autour de 200 DH le kilo. Elles se conservent une à deux semaines dans une boîte fermée : c'est un bon cadeau à rapporter, à côté des idées de notre guide que rapporter de Marrakech.

Le petit-déjeuner : msemen, baghrir et beignets

Msemen, galette feuilletée marocaine, servie avec du pain

Les galettes du matin, msemen feuilleté et baghrir « aux mille trous », sont décrites dans notre guide que manger à Marrakech. Côté pause, retenez qu'on les trouve chaudes, tôt le matin, chez les marchands des ruelles de la médina, pour quelques dirhams pièce, à manger avec du miel ou du fromage frais et un verre de thé. Les cafés de quartier servent aussi un petit-déjeuner complet (galette, pain, huile d'olive, jus d'orange, thé ou café) à prix modique, et les pâtisseries de la ville nouvelle ouvrent tôt pour les viennoiseries. Les beignets ronds, les sfenj, se vendent également le matin, enfilés sur une tige de palmier.

Cafés et salons de thé de la médina

Salon de thé aux banquettes et coussins dans la médina de Marrakech

La médina mélange cafés populaires, où la clientèle est surtout masculine et le thé coûte une dizaine de dirhams, et salons de thé aménagés dans des maisons anciennes, où l'on paie le décor et le calme. Les voyageuses sont bien accueillies dans les cafés fréquentés par les touristes ; dans les cafés de quartier, l'usage veut plutôt que les hommes restent entre eux.

Bacha Coffee, à Dar el-Bacha

Installé dans une salle d'origine du palais Dar el-Bacha, sous les plafonds de cèdre peint, le Bacha Coffee a fait renaître le café qu'aurait tenu le pacha Glaoui. La carte compte plus de 200 cafés arabica, servis en cafetière individuelle, avec des pâtisseries, un petit-déjeuner et un goûter. L'accès passe par la billetterie du musée : en 2026, un billet de 10 DH donne accès au café seul, et le billet du musée à 60 DH comprend les salles d'exposition. Le café suit les jours du musée, fermé le lundi.

Comptez à partir de 44 DH environ pour un café, de 70 à 100 DH pour une cafetière de cru rare, à partir de 35 DH pour une pâtisserie, et de 160 à 250 DH pour une formule petit-déjeuner ou goûter. Le Bacha Coffee ne prend aucune réservation : la file d'attente se forme avant l'ouverture à 10 h et l'attente dépasse souvent une heure, parfois deux ou trois en milieu de journée. Venez avant l'ouverture, en semaine, et visitez le musée ensuite.

Dar Cherifa, café littéraire

Au fond d'une impasse de Mouassine (8, derb Chorfa Lakbir), Dar Cherifa occupe l'une des plus anciennes maisons de la médina, une demeure de l'époque saadienne aux boiseries et aux stucs sculptés restaurés. On y vient pour un thé sous le patio, entouré d'expositions d'art contemporain, ou pour un déjeuner marocain, avec des plats à partir de 50 DH environ. La maison ouvre tous les jours à 10 h ; l'heure de fermeture varie selon les soirs. Notre guide du quartier de Mouassine permet de l'inclure dans une promenade.

La terrasse de la Maison de la Photographie

Au nord de la médina, près de la medersa Ben Youssef, la Maison de la Photographie se termine par un toit-terrasse aménagé en café. On y boit un thé ou l'on y déjeune d'une petite carte marocaine, avec la vue sur les toits de la médina et, par temps clair, l'Atlas. Le café est réservé aux visiteurs du musée : il faut acheter le billet d'entrée (80 DH pour un adulte en octobre 2026), ce qui en fait une pause naturelle en fin de visite.

Les cafés de la place Jemaa el-Fna

Autour de la place Jemaa el-Fna, les grands cafés à étages, dont le Café de France, ouvert en 1912, sont des institutions : on y monte pour boire un thé en regardant la place s'animer en fin d'après-midi. L'accès aux terrasses est conditionné à une consommation, et les prix sont nettement plus élevés qu'à deux rues de là ; demandez le prix ou regardez la carte avant de commander. Pour choisir la terrasse selon la vue et l'heure, reportez-vous à notre guide des terrasses panoramiques de Marrakech.

La Pâtisserie des Princes

Dans la rue piétonne Bab Agnaou (n° 32), qui part de Jemaa el-Fna, la Pâtisserie des Princes vend depuis 1989 pâtisseries marocaines au kilo et gâteaux à la française. Elle ouvre tôt le matin et dispose d'un salon de thé climatisé au fond de la boutique, utile en été pour souffler à deux pas de la place.

Prendre le thé à La Mamounia

Le palace La Mamounia, avenue Bab Jdid, en bordure de la médina, est ouvert aux non-résidents dans ses restaurants et salons, sur réservation conseillée. Ses deux salons de thé sont signés par le pâtissier Pierre Hermé :

  • Le Menzeh, pavillon au bout d'une allée d'orangers et de palmiers des jardins, présenté comme le tout premier bâtiment construit sur le site. Il ouvre tous les jours de 10 h à 18 h et sert, de 14 h à 17 h, un goûter d'inspiration marocaine : macarons, pâtisseries orientales revisitées, petits sandwichs, thé à la menthe à la menthe du jardin.
  • Le Salon de thé, sous un patio de style andalou, qui sert du petit-déjeuner jusqu'à l'afternoon tea.

Un afternoon tea coûte plusieurs centaines de dirhams par personne ; demandez le tarif du jour en réservant. Une tenue élégante est exigée : pas de tongs ni de sandales en plastique, et pas de shorts après 18 h. C'est la façon la plus simple de découvrir les jardins du palace sans y dormir.

Guéliz : pâtisseries et cafés de la ville nouvelle

À Guéliz, la ville nouvelle construite sous le protectorat, les pâtisseries et les cafés ont des terrasses sur rue, des prix affichés et une clientèle surtout marocaine.

  • Pâtisserie Al Jawda (11, rue de la Liberté) : l'adresse de référence pour les pâtisseries marocaines traditionnelles, que l'on choisit à la pièce dans les vitrines. Ouverte du lundi au samedi de 8 h à 20 h 30, le dimanche de 9 h à 18 h. Prix à partir de 160 DH le kilo, autour de 200 DH pour les gâteaux aux amandes ; on peut aussi s'asseoir pour une pâtisserie et un jus.
  • Pâtisserie Amandine (177, rue Mohamed el-Beqal) : ouverte en 1997, elle associe pâtisseries marocaines et françaises, un salon de thé et un glacier attenant. Comptez de 15 à 40 DH pour une pâtisserie individuelle ; ouverte tous les jours.
  • Grand Café de la Poste (angle du boulevard El Mansour Eddahbi et de l'avenue Imam Malik) : construit vers 1925 à côté de la poste, c'est l'un des plus anciens bâtiments de Guéliz. Sa terrasse sous les arcades se prête à un café ou un thé l'après-midi, à des prix de brasserie ; il ouvre tous les jours, du matin jusque tard le soir.

Notre guide Guéliz et Hivernage situe ces adresses dans une promenade du quartier.

Tableau récapitulatif

Où Ce qu'on y prend Prix indicatif
Café de quartier (médina, Guéliz) Thé à la menthe, café nous-nous Environ 8 à 15 DH le verre
Terrasses de Jemaa el-Fna Thé avec vue sur la place À partir d'environ 20 DH, consommation obligatoire
Marchand de rue, le matin Msemen, sfenj Quelques dirhams pièce
Pâtisserie marocaine (Al Jawda, Pâtisserie des Princes) Cornes de gazelle, ghriba, chebakia au kilo Environ 160 à 240 DH le kilo
Pâtisserie Amandine Pâtisserie individuelle Environ 15 à 40 DH
Bacha Coffee (Dar el-Bacha) Café arabica, pâtisserie Accès 10 DH ; café dès 44 DH ; formules 160 à 250 DH
Dar Cherifa Thé, déjeuner marocain Plats à partir d'environ 50 DH
Maison de la Photographie Thé, déjeuner en terrasse Billet du musée 80 DH, consommations en plus
La Mamounia (Le Menzeh, Salon de thé) Afternoon tea Pierre Hermé Plusieurs centaines de DH par personne

Tarifs constatés en octobre 2026, à titre indicatif : ils varient selon l'adresse et la saison.

Conseils pratiques

  • Demandez le prix avant de vous asseoir dans les cafés touristiques sans carte affichée ; c'est la principale source de mauvaises surprises.
  • Pourboire : laissez quelques dirhams dans un café, environ 10 % dans un salon de thé avec service à table ; notre guide argent et pourboire à Marrakech détaille les usages.
  • Espèces : les cafés populaires et les marchands de rue ne prennent que les espèces ; les pâtisseries de Guéliz, les salons de thé et les palaces acceptent la carte.
  • Ramadan : en journée, beaucoup de cafés de quartier ferment, tandis que les pâtisseries tournent à plein pour les chebakia et le sellou. Le soir, après la rupture du jeûne, les cafés se remplissent jusque tard. Voir notre guide Ramadan à Marrakech.

Pour aller plus loin

Pour les plats salés, de la tanjia aux stands du soir, lisez notre guide que manger à Marrakech ; pour apprendre à préparer vous-même le thé et les pâtisseries, voyez cours de cuisine à Marrakech. Les meilleures vues pour un thé au coucher du soleil sont réunies dans terrasses panoramiques de Marrakech, et notre guide de la médina de Marrakech vous aidera à placer ces pauses dans vos journées de visite.